Les marchés des métaux ont souffert d’un choc le jeudi 12 novembre 2015, envoyant le cours de l’or à son seuil le plus bas depuis cinq ans et le cuivre à sa valeur la moins chère depuis 2009. La chute des prix traîne vers le bas les parts des sociétés minières. Les investisseurs se replient – retirant plus d’un milliard de dollars des fonds cotés en Bourse qui suivent l’industrie et le précieux métal ce mois-ci. Le platine tombait jeudi dans le pire cycle de défaites depuis 2002, tandis que l’argent affichait sa plus longue récession depuis mars 2014.

Alors que le ralentissement de la croissance de la Chine fait pression sur les prix, le pays n’est pas à blâmer dans l’accélération de l’effondrement des métaux. Le dernier catalyseur concernant l’effondrement est le passage rapide dans les attentes des investisseurs de la hausse des taux d’intérêt américains. Les traders anticipent qu’il y a 66 % de chance que la Réserve fédérale commencera à resserrer sa politique monétaire le mois prochain, augmentant de 39 % par rapport au mois précédent. Des taux plus élevés rendent les métaux moins compétitifs sur les actifs qui paient des intérêts ou offrent des dividendes, tout en stimulant le dollar et en coupant l’attrait de matières premières comme alternatives.
La nouvelle faiblesse concerne les rapides et massifs changements qui découlent de la forte probabilité de resserrement de la Réserve fédérale. Cela affecte directement les rendements compétitifs. Des taux plus élevés soulèvent également la probabilité d’une croissance plus lente et d’un dollar plus fort, ce qui a des conséquences négatives pour les matières premières. Nous connaissons maintenant une scène mondiale à très faible croissance, amplifiant l’impact négatif.
Le cours de l’or en décembre tomberait de 0,4 % pour se situer à 1 081 $ l’once sur le Comex à New-York, après avoir touché 1 073 $, la plus faible valeur depuis février 2010. Le cours du cuivre, quant à lui, chuterait jusqu’à 2,7 % pour atteindre 2,1585 $, le pic le plus bas depuis juillet 2009.

Le sous-indice des métaux industriels Bloomberg a atteint son plus bas niveau depuis mars 2009, tandis que les cours de l’aluminium, du nickel et du zinc ont également chuté. La jauge est en baisse de 26 % cette année, en route pour une troisième année consécutive de récession et la pire période depuis 1998. La jauge Bloomberg des métaux précieux est également descendue à son plus bas depuis six ans.
La déroute des prix a un effet néfaste sur les taxes des sociétés minières. Glencore Plc a chuté en dessous d’une livre pour la première fois en un mois, le jeudi 12. La société est la moins performante dans l’indice FTSE 100 du Royaume-Uni (indice boursier des cent entreprises les mieux cotées à la Bourse de Londres), avec une diminution de 68 % cette année après l’effondrement des matières premières. Anglo American Plc, la seconde pire performance dans l’indice de référence des actions de la Grande-Bretagne, a chuté de 9,6 % et est à son plus bas depuis au moins 1999. Freeport-McMoRan Inc. a diminué de 7,6 % dans le commerce de New-York. La société, basée à Phoenix, est descendue de 24 % sur cinq séances, ce qui constitue la plus forte rétrogradation dans l’indice 500 de Standard & Poor. Ces orientations reflètent une plongée généralisée des prix des matières premières et la perspective d’une récession prolongée.
Il y a eu de nouveaux signes cette semaine que le gouvernement fait peu pour endiguer le pire ralentissement économique connu sur une génération de la Chine, qui est le premier consommateur de métaux au monde. La nation représente environ la moitié de la demande mondiale de cuivre et rivalise avec l’Inde comme étant le plus gros acheteur de lingots d’or. Goldman Sachs Group Inc. est parmi les banques ayant averti que les prix des matières premières resteraient bas pendant des années, en partie tant que le ralentissement de la consommation chinoise laissera le monde excédentaire.
Si le marché du cuivre se retrouve en déficit l’année prochaine, un dollar plus fort gardera un plafond sur les prix qui pourront tomber de près de 15 % en 2016. Des taux plus élevés, une faible inflation et la vente des produits cotés en Bourse continueront à faire pression sur le cours de l’or. Le métal pourrait tomber à 1030 $ d’ici la fin de l’année prochaine.

Tout sur les métaux précieux